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Propositions et connecteurs

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Pourquoi cette leçon est importante

Cette leçon te servira directement pour 1 module plus avancé :
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Ensembles & Relations

Maths Discrètes — Ensembles & Relations

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Pourquoi apprendre ça ?

La logique propositionnelle est le langage des mathématiques. Avant de démontrer quoi que ce soit — que ce soit en algèbre, en analyse ou en informatique — tu dois maîtriser les règles qui permettent de raisonner correctement. C'est la grammaire du raisonnement mathématique.

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Analogie

Imagine un tribunal : le juge doit décider si un accusé est coupable ou innocent. Pour cela, il combine des faits (propositions) avec des connecteurs logiques : "il était sur les lieux ET il avait un mobile" → alors il est suspect. La logique propositionnelle formalise exactement ce type de raisonnement.

Propositions et valeurs de vérité

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Théorie

Une proposition (ou énoncé) est une affirmation qui est soit vraie (V ou 1), soit fausse (F ou 0). Il ne peut pas y avoir de valeur intermédiaire.

Exemples de propositions :

  • "2 + 2 = 4" → Vraie
  • "7 est pair" → Fausse
  • "2\sqrt{2} est rationnel" → Fausse

Non-exemples (pas des propositions) :

  • "Quel âge as-tu ?" (question, pas d'évaluation vrai/faux)
  • "x+1=5x + 1 = 5" (dépend de xx, c'est un prédicat)

On note généralement les propositions par des lettres : pp, qq, rr, ...

Connecteurs logiques et tables de vérité

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Théorie

Les connecteurs logiques permettent de combiner des propositions pour en former de nouvelles.

Négation ¬p\neg p (NON pp) : vrai si pp est faux, faux si pp est vrai.

| pp | ¬p\neg p | |-----|----------| | V | F | | F | V |

Conjonction pqp \land q (pp ET qq) : vrai seulement si les deux sont vrais.

| pp | qq | pqp \land q | |-----|-----|-------------| | V | V | V | | V | F | F | | F | V | F | | F | F | F |

Disjonction pqp \lor q (pp OU qq) : vrai si au moins l'un est vrai.

| pp | qq | pqp \lor q | |-----|-----|------------| | V | V | V | | V | F | V | | F | V | V | | F | F | F |

Implication pqp \Rightarrow q : faux seulement si pp est vrai et qq est faux.

| pp | qq | pqp \Rightarrow q | |-----|-----|-------------------| | V | V | V | | V | F | F | | F | V | V | | F | F | V |

Équivalence pqp \Leftrightarrow q : vrai si pp et qq ont la même valeur de vérité.

| pp | qq | pqp \Leftrightarrow q | |-----|-----|-----------------------| | V | V | V | | V | F | F | | F | V | F | | F | F | V |

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Table de vérité d'une formule composée

Construisons la table de vérité de (pq)¬p(p \Rightarrow q) \land \neg p.

On calcule colonne par colonne :

| pp | qq | ¬p\neg p | pqp \Rightarrow q | (pq)¬p(p \Rightarrow q) \land \neg p | |-----|-----|----------|-------------------|----------------------------------| | V | V | F | V | F | | V | F | F | F | F | | F | V | V | V | V | | F | F | V | V | V |

La formule est vraie exactement quand pp est faux. Elle n'est ni une tautologie ni une contradiction.

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Checkpoint

Quelle est la valeur de vérité de l'implication quand est FAUX et est FAUX ?

Tautologies, contradictions et lois logiques

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Théorie

Une tautologie est une formule toujours vraie, quelle que soit la valeur de ses variables. Une contradiction est une formule toujours fausse.

Tautologies importantes :

  • Loi du tiers exclu : p¬pp \lor \neg p
  • Double négation : ¬(¬p)p\neg(\neg p) \Leftrightarrow p
  • Modus ponens : (p(pq))q(p \land (p \Rightarrow q)) \Rightarrow q
  • Contraposée : (pq)(¬q¬p)(p \Rightarrow q) \Leftrightarrow (\neg q \Rightarrow \neg p)

Lois de De Morgan : ¬(pq)(¬p¬q)\neg(p \land q) \Leftrightarrow (\neg p \lor \neg q) ¬(pq)(¬p¬q)\neg(p \lor q) \Leftrightarrow (\neg p \land \neg q)

Contradiction classique : p¬pp \land \neg p (toujours fausse).

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Vérifier que la contraposée est une tautologie

Montrons que (pq)(¬q¬p)(p \Rightarrow q) \Leftrightarrow (\neg q \Rightarrow \neg p) est une tautologie.

| pp | qq | pqp \Rightarrow q | ¬q¬p\neg q \Rightarrow \neg p | Équivalence | |-----|-----|-------------------|-----------------------------|-------------| | V | V | V | V | V | | V | F | F | F | V | | F | V | V | V | V | | F | F | V | V | V |

La dernière colonne est toujours V : c'est bien une tautologie. Cela justifie la méthode de démonstration par contraposée.

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Checkpoint

Laquelle de ces formules est une tautologie ?

Méthodes de démonstration

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Théorie

Démonstration directe : On suppose pp vrai et on dérive qq par une chaîne d'implications logiques.

Démonstration par contraposée : Pour prouver pqp \Rightarrow q, on prouve l'équivalent ¬q¬p\neg q \Rightarrow \neg p.

Démonstration par l'absurde : Pour prouver pp, on suppose ¬p\neg p et on en déduit une contradiction r¬rr \land \neg r.

Récurrence simple : Pour prouver nN,  P(n)\forall n \in \mathbb{N},\; P(n) :

  1. Initialisation : Vérifier P(0)P(0) (ou P(1)P(1)).
  2. Hérédité : Supposer P(n)P(n) vrai (hypothèse de récurrence) et montrer P(n+1)P(n+1).
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Démonstration par récurrence — somme des entiers

Théorème : Pour tout n1n \geq 1, k=1nk=n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}.

Initialisation : Pour n=1n = 1 : k=11k=1\sum_{k=1}^{1} k = 1 et 1×22=1\frac{1 \times 2}{2} = 1. Vrai.

Hérédité : Supposons k=1nk=n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}.

k=1n+1k=(k=1nk)+(n+1)=n(n+1)2+(n+1)=(n+1)n+22=(n+1)(n+2)2\sum_{k=1}^{n+1} k = \left(\sum_{k=1}^{n} k\right) + (n+1) = \frac{n(n+1)}{2} + (n+1) = (n+1)\cdot\frac{n+2}{2} = \frac{(n+1)(n+2)}{2}

C'est la formule au rang n+1n+1. Par récurrence, le résultat est établi pour tout n1n \geq 1.

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Démonstration par l'absurde — irrationalité de √2

Théorème : 2\sqrt{2} est irrationnel.

Preuve : Supposons par l'absurde que 2=pq\sqrt{2} = \frac{p}{q} avec \pgcd(p,q)=1\pgcd(p,q) = 1.

En élevant au carré : p2=2q2p^2 = 2q^2, donc p2p^2 est pair, donc pp est pair. Écrivons p=2kp = 2k.

Alors 4k2=2q24k^2 = 2q^2, soit q2=2k2q^2 = 2k^2, donc qq est pair.

Mais alors 2p2 \mid p et 2q2 \mid q, ce qui contredit \pgcd(p,q)=1\pgcd(p,q) = 1. Contradiction.

Donc 2\sqrt{2} est irrationnel.

⚠️

L'implication n'est pas symétrique

pqp \Rightarrow q ne signifie PAS qpq \Rightarrow p. Par exemple : "Il pleut \Rightarrow le sol est mouillé" est vrai, mais "le sol est mouillé \Rightarrow il pleut" est faux. La contraposée ¬q¬p\neg q \Rightarrow \neg p est équivalente à pqp \Rightarrow q, mais PAS le réciproque qpq \Rightarrow p.

À retenir

  • Une proposition est un énoncé ayant exactement une valeur de vérité : vrai ou faux.
  • Les cinq connecteurs principaux : ¬\neg (NON), \land (ET), \lor (OU), \Rightarrow (IMPLIQUE), \Leftrightarrow (ÉQUIVAUT).
  • Une implication pqp \Rightarrow q n'est fausse que lorsque pp est vrai et qq est faux.
  • La contraposée (¬q¬p)(\neg q \Rightarrow \neg p) est logiquement équivalente à (pq)(p \Rightarrow q).
  • Lois de De Morgan : ¬(pq)¬p¬q\neg(p \land q) \equiv \neg p \lor \neg q et ¬(pq)¬p¬q\neg(p \lor q) \equiv \neg p \land \neg q.
  • Quatre grandes méthodes de preuve : directe, contraposée, absurde, récurrence.
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